Année 1997, atelier en bordure de seine, des peupliers ondulent et dansent.
Un souvenir enfoui dans les méandres de ma mémoire est remonté à la surface de ma vie. Mon enfance a été bercée par le souffle particulier du vent dans les peupliers.
De ces arbres aux troncs souples et élancés s’échappait un bruit de métal grelottant. De lointaines sensations se sont réveillées quand j’ai pris le temps d’écouter, le jour de cette année là, le vent de mon enfance. Je l’ai entendu gémir en se faufilant à travers les feuilles, comme quand il me saisissait, petite, durant l’endormissement.
J’ai été à nouveau envoûtée par sa présence et son chuchotement.
Cependant, j’attendais de lui qu’il soit plus clément, à peine perceptible mais suffisamment prégnant, telle une brise légère qui laverait avec indulgence mes tourments. Je cherche ses mouvements, ses ondulations. J’aime voir ses caresses sur la peau des choses et traque son empreinte. J’observe avec délectation ses déplacements et l’éloquence avec laquelle il transforme le paysage et modifie la face du monde. Je guette son souffle s’évanouir en silence et découvre les petits riens, les poussières, les dépouilles de nos vies qu’il abandonne pour former des amoncèlements désordonnés.
Des paysages insolites naissent en attente d’un autre chaos, puisque, du vent, il ne faut pas compter qu’il s’absente longtemps. Il renouvelle l’apparence de la réalité par le mouvement qu’il symbolise, et incarne l’idée de la métamorphose.
Sa compagnie contribue à nourrir une grande part de mon imaginaire porté par l’idée du voyage, celui de la vie. Je côtoie, grâce au vent, le ciel et son immensité et comme lui, je veux être libre
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Nadya Bertaux

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